L’Accueil extrascolaire de l’ISBW pendant le confinement

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Sortir les grandes voiles et continuer à naviguer vers l’enfant.

28/05/2020

L’ISBW et son service d’accueil extrascolaire qui comporte 23 lieux d’accueil dans tout le Brabant Wallon a appris à la mi-Mars, comme tout le pays, la nouvelle du confinement. Malgré tout, notre mission d’accueillir les enfants en accueil extrascolaire devait se poursuivre, mais bien sûr selon de nouvelles normes…

Notre service – un gros bateau – compte une centaine d’animateurs extrascolaires, du personnel administratif, 7 coordinateurs, 2 chefs de service et une chef de département… La première difficulté, qui est finalement vite devenue un défi à relever, était de maintenir ce lien entre la hiérarchie qui télétravaille et les animateurs en première ligne sur le terrain. Rapidement, nous avons saisi toute l’importance d’entretenir la relation et de communiquer : comment s’organiser, communiquer les informations,  les consignes et directives de la manière la plus claire possible à l’ensemble des membres du service en tenant compte du stress et de tant d’autres émotions engendrés par une telle situation, comme dans une équation à multiples inconnues.

Les craintes, les frustrations, l’éventuel ennui de certains, le besoin d’informations, sont autant de paramètres que nous avons tenté de prendre en compte. Notre challenge dans cette situation, a finalement été de maintenir nos animateurs en vie professionnellement parlant, en restant centrés sur les enfants. Le service s’est donc mis rapidement en réflexion pour garder une dynamique, continuer à être dans le mouvement, dans la réflexion, en projet, mais bien sûr, avec de nouvelles conditions de fonctionnement. En d’autres mots, il s’agissait de prendre soin des équipes pour qu’à leur tour, elles puissent continuer à prendre soin des enfants accueillis.

En très peu de temps, nous avons mis un réel coup d’accélérateur pour renforcer la communication en cette période de confinement. Pour cela, des sms et mails hebdomadaires (voire plus souvent) du service, les informant des avancées, des directives et même des questions encore en suspens ont été envoyés aux animateurs et continuent à l’être. Ces communications étaient aussi l’occasion de leur rappeler que nous pensions bien à eux et que nous étions là pour la moindre question ou inquiétude. Aussi, chaque coordinateur a développé de nouveaux outils de communication avec ses équipes, comme des groupes Whatsapp et même quelques courtes réunions virtuelles. Effectivement, la communication individuelle via les moyens de communication que nous connaissons est aisée mais souvent délaisse la dimension « équipe » ; retrouver des moments en équipe et même à distance a donc été également important. En plus de la réflexion menée sur la communication, une de nos préoccupations était de maintenir le lien entre tous les acteurs. De belles initiatives sont nées : des messages touchants en vidéo envoyés par les animateurs aux enfants de certains lieux (via la page facebook de l’école), des messages de soutien entre collègues, de beaux remerciements venant de l’un ou l’autre, une communication renforcée avec les directions d’école pour imaginer une nouvelle organisation, etc. Aussi, il était important pour nous de savoir comment chacun des animateurs vivait cette période : quels avaient été (ou seraient) les freins, ce qui les avait aidés ou les aiderait pour la suite. Il est facile d’imaginer qu’avec une centaine d’animateurs, la tâche n’était pas aisée à réaliser mais l’idée est venue de lancer un grand sondage (framaforms) avec des questions très ouvertes, et un large espace d’expression écrite. Ce sondage a rencontré un grand succès puisque plus de 2/3 du service y a répondu. Parallèlement à cela, des contacts très réguliers par téléphone étaient pris avec chacun des animateurs pour savoir comment ils allaient et vivaient les choses.

Une fois l’étape de la communication bien pensée et mise en place, une réflexion autour de « comment continuer à être en projet ? » nous titillait. Et là, l’idée est venue : pourquoi ne pas créer un concours d’activités ? C’était parti ! Nous l’avons nommé : Le grand concours « balance ta créativité ». Nous savions, et en sommes encore plus convaincus aujourd’hui, que les animateurs sont dotés d’une très grande créativité pour faire rêver les enfants et nous avions envie de la mettre au défi. De nouveau, mails et sms pour mettre en mouvement nos équipes en annonçant une récompense sympa à la clé : un petit déjeuner à la sortie du confinement organisé pour l’équipe gagnante et concocté par les coordinateurs, les chefs de service et la chef de département. Nous avons reçu une quinzaine d’activités toutes plus créatives les unes que les autres et consultables sur notre intranet (plateforme partagée propre au personnel de l’ISBW). Afin de rendre cela participatif, nous avons proposé à tous les animateurs de voter pour l’activité qu’ils avaient préférée sur « framaforms ». En fin de semaine, le sms pour annoncer le grand gagnant est parti, avec la surprise que nous allions organiser ce petit déjeuner pour tous nos animateurs ; un chouette moment de retrouvailles en perspective !

Une question continuait à tarauder tous les esprits. Allions-nous pouvoir offrir des plaines d’été aux enfants ? D’ailleurs, certains nous faisaient régulièrement part de leur envie de retrouver les enfants, la joie de l’extrascolaire et peut-être, nous l’espérions tous, des plaines. Nous souhaitions, alors même que beaucoup d’incertitudes planaient encore, avancer sur la préparation des vacances d’été. Se projeter, quel plaisir ! Cela fait un moment que notre service est convaincu de l’intérêt d’exploiter la nature avec les enfants, pour leur épanouissement, leurs découvertes, leur bien-être. Cette période particulière nous a permis de réfléchir tous ensemble à la manière de faire vivre encore plus l’extérieur en plaines, de les rendre plus « vertes ». Par équipe de plaines, les coordinateurs ont donc lancé les animateurs sur ce sujet. D’abord, une note a été réalisée par le service pour titiller leur créativité et poursuivre cette réflexion centrée sur les enfants. Groupes whatsapp, appels, mails, tout était bon pour échanger nos idées. Et autant dire que cela a été productif, tant les idées ont germé : faire toutes les plaines à l’extérieur, sieste et repas compris, développer des activités nature totalement folles, mettre l’intérieur à l’extérieur, jouer dans la terre, la boue, l’eau, exploiter l’environnement proche, etc. Et finalement, à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, tous les membres du service se réjouissent enfin de la nouvelle du maintien des plaines de vacances ; quel bonheur ! Cela risque d’être magique tant pour les enfants que pour les animateurs, nous n’en doutons pas !

Enfin, nous avons vu approcher le 18 Mai avec son déconfinement progressif et surtout un retour à l’école et à l’extrascolaire d’un plus grand nombre d’enfants. Cela a suscité beaucoup d’interrogations, notamment comment allier le respect des mesures sanitaires avec le maintien de la qualité de la relation à l’enfant ? Encore une belle occasion de nous mettre en projet tous ensemble ! Afin d’attiser l’envie de réfléchir sur cette question, à nouveau le service a envoyé aux animateurs une petite note reprenant quelques idées et réflexions.  Nous avons créé sur notre intranet, une plateforme permettant de partager les divers outils favorisant l’expression des émotions des enfants dans cette période difficile, des supports pour appréhender les mesures d’hygiène et enfin des idées d’activités. Une vraie mine d’or où puiser l’inspiration pour accompagner les enfants dans ce retour vers l’accueil extrascolaire.

Durant toute cette période, nous avons été émerveillés de voir à quel point les animateurs vibraient pour leur métier, étaient animés par l’idée d’offrir le meilleur accueil possible aux enfants et, dans des conditions bouleversées. Les enfants et même à distance pour la plupart, ont réussi à guider tout notre service vers un chemin éclairé, positif et rempli de projets ! Finalement, nous avons même l’impression d’en sortir plus forts, plus unis, et avec une vision encore plus claire de ce pour quoi nous travaillons !

Mathilde Petit et Véronique Schmitz, Chefs de service